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Face
au géant pétrolier français TotalFinaElf
UN
DEVOIR DE VIGILANCE ET DE RESISTANCE
La fusion
entre TotalFina et Elf a créé le quatrième
géant pétrolier mondial, et la première
entreprise française. L'actualité n'a eu de
cesse, ces dernières années, de mettre en
évidence le rôle des entreprises pétrolières
en France et à l'étranger. Des affaires de
corruption à rebondissement mettent en cause des
hommes politiques de tout bord, et montrent l'influence
décisive d'une compagnie pétrolière
dans les relations d'État à État. La
catastrophe de l' "Erika" a mis en évidence
le danger écologique, et souligné le mépris
pour les populations qu'affiche la nouvelle compagnie, ainsi
que la complaisance des autorités face à une
industrie pétrolière qui ne jure que par la
religion du contrôle exclusif des marchés et
du profit maximum. Ainsi, avec la hausse du prix du brut,
les actionnaires se frottent les mains, touchant les dividendes
d'une compagnie productrice de pétrole et l'extrayant
à moindre coût dans les pays où elle
intervient : 23 milliards de bénéfices en
1999, 50 milliards de F. estimés pour l'année
2000. La hausse du prix des carburants va remplir les caisses
de l'État grâce aux taxes, mais provoque la
colère des artisans, paysans, transporteurs, salariés,
et cela à l'échelle de toute l'Europe.
Si le pétrole est à la une, on oublie plus
souvent dans les médias de rappeler la situation
des populations des pays qui possèdent du pétrole
dans leur sous-sol, et se voient soumises au pouvoir de
ces multinationales pétrolières. À
commencer par l'Afrique, d' où Elf tirait 70 % de
sa production, et d' où le nouveau groupe TotalFinaElf
tire encore 40 % de sa production. Depuis des décennies,
les compagnies pétrolières interviennent dans
la vie politique et économique des pays concernés
:
- en mettant en place ou en cautionnant des régimes
responsables de violations massives des droits humains
;
- en alimentant et encourageant les circuits de corruption,
à l'étranger mais aussi en France ;
- en contribuant à la destruction de l'environnement.
C'est pour cela que s'est créé, en 1997,
le collectif "Elf ne doit pas faire la loi en Afrique".
La fusion
des résistances
Des associations et organisations, françaises et
africaines, se rassemblaient pour agir et dénoncer
les conséquences dramatiques des activités
du groupe Elf dans nombre de pays africains, bras séculier
de l'état français pour y maintenir sa domination.
Actions lors des assemblées d'actionnaires, informations
aux salariés et aux actionnaires d'Elf, affiches,
brochures, diffusées en France et dans plusieurs
pays d'Afrique, petit à petit, le silence s'est brisé.
Au point que le Parlement français a dû concéder
une "mission d'information" sur l'activité
des pétroliers.
Quand TotalFina et Elf ont fusionné, les résistances
ont fait de même. Ceux qui dénonçaient
l'activité d'Elf en Afrique se sont naturellement
retrouvés avec ceux qui, depuis longtemps, dénonçaient
le rôle identique, même s'il était plus
discret, de Total en Birmanie ou dans d'autres pays.
Lors de la catastrophe de l' "Erika", nous nous
sommes retrouvés aux côtés des collectifs
marée noire. Aujourd'hui est posée une question
essentielle : peut-on laisser le pétrole et ceux
qui l'exploitent prendre de plus en plus de place dans la
vie des hommes et des femmes, dans l'avenir de la planète,
sans préparer une reconversion radicale des sources
d'énergie ?
En s'élargissant, le Collectif s'est rebaptisé
"TotalFinaElf ne fera pas la loi".
Il garde la particularité, assez rare dans ce pays,
de rassembler des associations et organisations françaises
et des associations et organisations de pays du Sud, essentiellement
d'Afrique, qui vivent et luttent en France.
Le but
de notre action est multiple :
- Dénoncer les activités illégales du
groupe pétrolier, les atteintes aux droits de l'Homme,
les conséquences néfastes de sa politique
pour les populations.
- En rupture avec la politique menée jusqu'ici, réclamer
des pouvoirs publics une autre politique, notamment une
autre politqiue étrangère, qui ne soit pas
soumise aux interêts du nouveau monopole pétrolier,
mais qui se fonde sur le respect des droits des peuples.
- Exiger l'instauratuin d'un contrôle sur ses activités,
notamment par la création d'une véritable
commission d'enquête parlementaire.
- Informer les salariés et les actionnaires, leurs
syndicats et leurs associations, pour qu'ils demandent des
comptes sur les pratiques politiques, financières,
sociales et environnementales de la compagnie ;
- Lutter pour un renforcement et une extension, pour les
citoyens français et des autres pays, des droits
de recours juridiques contre les abus des multinationales;
- Coordonner nos actions avec les associations qui luttent,
en Europe et aux USA, contre la politique et les pratiques
illicites des compagnies pétrolières.
Nous sommes partie prenante de la résistance qui
s'est manifestée, à Seattl, à Millau,
à Prague, face à une mondialisation qui fait
passer la spéculation financière et les stratégies
monopolistes des multinationales avant le droit des peuples
et les droits humains. La résistance aux multinationales
commence ici, en France, par la résistance à
la première multinationale française, TotalFinaElf.
Si l'Afrique pèse peu dans les chiffres du commerce
mondial, ce continent est un des premiers où les
multinationales se précipitent pour en piller les
ressources en matières premières, notamment
le pétrole. Un pillage qui aboutit à l'accroissement
de la dette de ces pays !
Nous souhaitons contribuer à renforcer une exigence
citoyenne grandissante :
TotalFinaElf
ne fera pas la loi !
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